Créer, c’est résister, et résister c’est créer pour mieux vivre.
Certes, si nous n’avons ni la capacité ni la possibilité de change un monde bancal, parfois monstrueux, nous avons, en revanche, l’ambition de changer quelque chose, de toucher la part essentielle, la plus sensible : le rêve. Ce, grâce à la création, le témoignage et la transmission.
Le théâtre permet tout cela ; il nous fait nous réaliser en nous apprenant à nous regarder les uns les autres. Nous passons – ce qui ne va pas de soi – de regardé à regardant.
Quand, de ces regards entrecroisés, entremêlés, naît l’alchimie et opère la magie entre l’oeuvre et le public qui voit et préside à toutes les actions, la parole, l’émerveillement, le rire et l’échange circulent. Amateurs et professionnels, jeunes et moins jeunes… se rencontrent et se découvrent.
Aimer ou ne pas aimer, c’est faire partie d’une communauté avec ses différences, ses singularités et ses richesses. Ainsi, c’est apprendre à penser, en un mot, à devenir libre.
Chaque représentation est différente. C’est tantôt une fête, tantôt un cabinet de curiosités, tantôt une quête de soi ou de l’autre.
A chaque fois, l’inconnu est valorisé, il nous ouvre des portes et va jusqu’à modifier notre existence. La grande aventure, qui commence alors, n’existerait pas sans transmission. Les professeurs, qui enseignent avec passion le théâtre, eux qui nous donnent tant, se font passeurs. Ces remarquables artisans de l’éducation populaire – ce n’est pas un vain mot – nous aident à grandir. En enseignant la rigueur et la discipline théâtre, ils deviennent les alchimistes du rêve.
Cette autre façon d’aimer dans un monde de plus en plus marchand, de plus en plus standardisé, m’a donné l’envie d’être le parrain du Fetlyf, ce festival placé sous le signe de la générosité, de la curiosité, de l’amitié, de la jeunesse et de la création.
Robin Renucci
Parrain du Fetlyf
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